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LE TEMPS NE GUÉRIT AUCUNE BLESSURE

Fils d'une mère juive et d'un père aryen, considéré comme métisse de premier degré, Ernst Gruber ne sera déporté qu'en 1945 dans un camp de concentration en Allemagne et libéré assez rapidement par l'armée rouge. De cette période, il aura vécu toute la montée de l'antisémitisme alors qu'il avait été placé provisoirement dans un foyer juif. 
Ensuite, on découvre la vie de Kurt Weber, fiancé à une femme juive et procureur en proie à des questionnements existentiels sur son avenir : doit-il s'enfuir avec sa fiancée ou privilégier sa carrière dans le régime nazi ? Le procureur choisira sa carrière et se remariera.

30 €

En librairie le 24/09/2026

Après la guerre, dans la jeune république fédérale allemande, Weber subit des tests de dénazification et minimise son implication dans le régime. Une fois réhabilité, il redeviendra procureur et condamnera Ernst Gruber à 9 mois de prison pour militantisme communiste.

PRÉSENTATION

Le nouveau roman graphique d'Hannah Brinkmann est littéralement impressionnant, de par sa richesse documentaire, sa narration bouleversante et sa sophistication graphique.

 

Le livre est une œuvre de commande, mais une oeuvre dont on remarque jusqu'à la dernière case qu'elle a été réalisée avec beaucoup d'enthousiasme et de passion.

 

Dans les premières scènes consacrées à Grube, les pages sont parcourues de représentations organiques qui plongent le regard au plus profond du corps humain et montrent clairement comment la terreur nazie s'immisce dans l'intimité la plus profonde, bouleverse le for intérieur et représente ainsi une expérience violente profonde.

Dans ce contexte, le titre désillusionnant prend tout son sens : le parcours de Grube a été marqué par des blessures qui ne guérissent pas et qui nous rappellent que le passé fait partie de notre présent.

 

Alors que l'Europe et la France sont malmenées par un mouvement réactionnaire dont le fiel se répand dans les médias, le livre d'Hannah résonne comme en écho, un effet miroir, qui décrit comment la haine s'insinuent dans le quotidien qui nous habitue dans sa banalité à toujours plus de violence, à accepter l'inacceptable comme une nouvelle référence. Ici est décrit la montée sournoise de l'autoritarisme par de petits décrets politiques qui en s'accumulant privent les citoyens de leurs libertés jusqu'à les mettre peu à peu en danger.

 

Hannah, de par son engagement politique, nous montre également comment il est possible pour un procureur anciennement nazi de continuer à travailler dans l'administration de l'Allemagne de l'Ouest après la guerre en tant que procureur, au point de condamner à nouveau un rescapé des camps de la mort. Comment cela a-t-il pu être possible ?

 

Persécuté autrefois par les nazis en tant que " demi-juif ", Ernst devient non seulement suspect dans le nouveau système, mais aussi passible de poursuites judiciaires en tant que membre récalcitrant du KPD, bientôt interdit. Plus tard, dans les années 70, comme tant d'autres communistes, il est victime du décret sur les radicaux et est sur le point de perdre son poste d'enseignant.

 

Ayant souffert sous le régime nazi, mais s'étant ensuite montré aussi critique envers la RFA que celle-ci l'était à son égard, il est donc un témoin de son époque au parcours très particulier, un témoin gênant, si l'on veut. Et même si Brinkmann laisse de côté l'épisode du décret sur les radicaux, car elle estime que l'histoire de cette vie est déjà suffisamment complexe pour une bande dessinée, elle prend suffisamment de recul pour décrire, après toute l'horreur du Troisième Reich, le traitement scandaleux réservé par la RFA à quelqu'un comme Grube.

 

Hannah l'a rencontré à plusieurs reprises, l'a écouté raconter sa vie, et elle dit avoir fait la connaissance d'une personne qu'elle considère désormais comme un ami, qui s'est toujours battu " contre la déshumanisation " et " pour l'égalité de tous les êtres humains ".

C'est cette vision de l'humanité qui lui a permis d'expliquer le virage de Grube vers le communisme. " Ernst est issu de la période nazie et ne voyait dans le système de la RFA qu'une solution provisoire ", estime-t-elle, " mais en réalité, il espérait un véritable nouveau départ, qu'il voyait dans le communisme.

CONTRE MA CONSCIENCE

C'est bouleversant, c'est révoltant, ce sont des dessins superbes, les cases de narration classiques alternent par moment avec de pleines pages plus abstraites qui traduisent le mal-être de l'oncle disparu. C'est une reconstitution aussi extrêmement minutieux des bâtiments, des intérieurs de l'époque avec un style graphique très contemporain mêlé à la patine vintage de l'époque. C'est tout bonnement magnifique, c'est l'un des tout grands romans graphiques de cette année.

Xavier Vanbuggenhout

À l'aide d'un dessin envoûtant, l'autrice exhume un épisode familial et national douloureux. Un récit dense, complexe et vibrant. Alexis Duval

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PRESSE 

AUTRICE

Hannah Brinkmann (1990) est bédéiste et illustratrice allemande basée à Hambourg. Ses courtes bandes dessinées sont parues, entre autres, dans «International Environmental Law Cases», une publication de l’UFU-Institut Berlin, «Alphabet of Arrival», une publication du Bundesinstitut für politische Bildung, le TAZ et le Strapazin. «Gegen mein Gewissen» (Contre ma conscience) est son premier roman graphique réalisé à l’âge de 28 ans.

Contre ma conscience a été nominé au comic book de la Berthold Leibinger Stiftung et au Prix PENG 2021 de Munich pour la meilleur BD allemande 2021

EN SAVOIR PLUS

 

Collection Lune froide

Traduit de l'allemand par Jean-Baptiste Coursaud, format 20 X 28 cm, 264 pages, couverture cartonnée

ISBN : 978-2-491727-11-6

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